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Etude française ERISCAM : Estimation des risques tumoraux dans le syndrome HNPCC/Lynch
Dr Valérie Bonadona Unité Clinique d’Oncologie Génétique, Centre Léon Bérard, Lyon

Le syndrome de Lynch, encore appelé syndrome HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer) est la prédisposition héréditaire au cancer colorectal la plus fréquente, permettant d’expliquer près de 5 % des cas de cancers du colon et du rectum.

Cette prédisposition est liée à la présence d’une mutation constitutionnelle d’un gène MMR (MisMatch Repair), principalement les gènes MLH1, MSH2 et MSH6, impliqués dans la réparation des mésappariements de l’ADN lors de la réplication. Le syndrome de Lynch se caractérise par un large spectre tumoral et confère des risques élevés de développer un cancer colorectal et pour la femme, un cancer de l’endomètre, ainsi que des risques plus modérés de développer un cancer de l’intestin grêle, des voies excrétrices urinaires, de l’estomac, des voies biliaires et pour la femme, de l’ovaire.

Les risques de cancer sont habituellement exprimés en risques cumulés selon l’âge, ce sont les pénétrances ; le risque cumulé de cancer à 70 ans correspond au risque d’une personne de 20 ans de développer un cancer au cours de ses 50 prochaines années. Ce risque ne reste pas identique tout au long de la vie, il diminue au fur et à mesure des années passées (on retranche au risque initial le risque correspondant aux années vécues en bonne santé).

Il est essentiel de connaître précisément les risques de cancer pour chaque localisation dans le syndrome de Lynch afin de conseiller au mieux les patients et leur famille et de déterminer la prise en charge optimale à leur recommander. Les premières études qui ont estimé (calculé) ces risques n’ont pas tenu compte de la sélection des familles sur de nombreux cas de cancer (familles vérifiant les critères d’Amsterdam I ou II) et de ce fait, ont largement surestimé les risques de cancer dans le syndrome de Lynch. Ainsi, les risques cumulés à 70 ans estimés par ces études, de l’ordre de 80 % pour le cancer colorectal et de 60-70 % pour le cancer de l’endomètre, sont biaisés ; les risques réels de développer un cancer colorectal ou un cancer de l’endomètre sont substantiellement plus faibles. Des études ont été publiées plus récemment avec une approche méthodologique adéquate mais elles portent sur un petit nombre de familles, soulignant la nécessité de conduire de plus vastes études.

Sous l’impulsion des docteurs Catherine Bonaïti, Christine Lasset, Sylviane Olschwang et Sophie Grandjouan, une étude nationale multicentrique a été initiée, dont l’objectif est d’estimer de façon fiable et précise les risques des différentes tumeurs chez les sujets porteurs d’une mutation d’un gène MMR, en utilisant une méthode statistique corrigeant le biais de sélection des familles (Carayol et Bonaïti-Pellié, 2004).

Il s’agit de l’étude ERISCAM (Estimation des RISques de CAncer chez les porteurs de mutation des gènes MMR) qui rassemble les données de 537 familles françaises avec une mutation d’un gène MMR identifiée (248 familles avec un gène MLH1 muté, 256 avec MSH2 muté, 33 avec MSH6 muté), recrutées par les 40 centres de consultation d’oncogénétique participants à l’étude, tous membres du Groupe Génétique et Cancer.

Nous rapportons les premiers résultats de cette étude en sachant que les analyses statistiques ne sont pas complètement achevées ; l’étude des risques selon le gène MMR muté est notamment en cours.

Le risque cumulé de développer un cancer du spectre HNPCC à 70 ans
pour un homme de 20 ans est estimé à 45 % (Intervalle de confiance à 95% (IC) : 32-61 %)
et pour une femme de 20 ans à 54 % (IC : 41-69).
Le risque cumulé de cancer colorectal à 70 ans est estimé à
40 % (IC : 27-56 %) chez l’homme et
29 % (16-47 %) chez la femme.
Chez cette dernière, le risque cumulé de cancer de l’endomètre à 70 ans est de
28 % (16-47 %) et le risque de cancer de l’ovaire de 7 % (3-21 %).
Les risques estimés des autres localisations sont
de 1,9 % (0,4-4,6 %) pour les voies excrétrices urinaires,
de 0,6 % (0,2-1,2%) pour l’intestin grêle, de 0,7 %
(0,1-6 %) pour l’estomac et
de 0,6 % (0,07-2%) pour les voies biliaires.


En utilisant une méthode d’estimation des risques sans biais, elle confirme des risques de cancer colorectal plus faibles que les premières estimations de la littérature.
Il est de plus important de noter qu’une personne bénéficiant d’une surveillance régulière par coloscopie avec chromoendoscopie (telle qu’elle est recommandée dans le syndrome de Lynch/HNPCC) a un risque de développer un cancer colorectal encore diminué car la détection et l’ablation de polypes permet la prévention du cancer.

ERISCAM confirme également des risques de cancer de l’endomètre plus faibles que ceux initialement publiés.
Les risques de cancer de l’endomètre et de l’ovaire sont notamment modestes avant 50 ans (respectivement de 7 % (IC : 4-14%) et de 3 % (IC : 1-6)) ;
si l’efficacité du dépistage des cancers gynécologiques reste à démontrer et peut ainsi conduire à discuter d’une chirurgie préventive à type d’hystérectomie avec ovariectomie prophylactique, ces résultats plaident pour proposer ce geste après 45 ans voire 50 ans. Les risques des autres localisations sont faibles ne justifiant pas d’une prise en charge systématique.

L’ensemble des responsables et des investigateurs de l’étude ERISCAM tient à remercier chaleureusement les patients et leurs familles pour leur précieuse contribution.

Dr Valérie Bonadona – Octobre 2009
 
 
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